Bonjour tous et toutes, Métis

 

 

 

Suite à vos nombreux appels téléphoniques demandant des nouvelles de nos actions en justice, voici l’état de la situation.

 

 

 

POINT SUR NOS ACTIONS EN JUSTICE
( 5 juillet 2007 )

 

Les actions en justice de la CMDRSM ont été déposées pour protéger et récupérer notre territoire et nos droits ancestraux (chasse, pêche, cueillette, etc.). Voici le pourquoi et les développements de ces actions.

 

 

 

Pessamit c. Procureur général du Québec et Kruger Inc.

 

       Le 28 février 2006, une demande d’intervention ainsi qu’une demande de provision pour frais ont été déposées au palais de justice de Montréal par Me Denise Duseault, pour contrer les prétentions des Innus de Pessamit qui prétendrent être les seuls à détenir en exclusivité un titre foncier aborigène sur le territoire de l’Île René-Levasseur et ses environs. Notre requête demande à la Cour supérieure de reconnaître la CMDRSM comme co-détentrice de ce droit avec la Première Nation de Pessamit.

 

       Le 15 Mai 2006,  Me Dusseault, pour différentes raisons, a décidé de se retirer du dossier et Me Pierre Montour a repris la barre afin d’honorer les ententes que nous avions prises (en septembre 2005) avec la Corporation Métis du Québec.

 

Depuis 1998, soit depuis le début des dossiers opposant les Innus de Pessamit à Kruger Inc., à Hydro-Québec et aux gouvernements provincial et fédéral, environ 61 requêtes préliminaires furent versées aux dossiers par les parties défenderesses.  Le juge Fournier, qui gère l’instance de ces procès, n’a toujours pas rendu de décision quant à l’accueil de notre demande d’intervention et autres objets.

 

Face aux multiples actions en justice des Innus de Pessamit contre les gouvernements du Québec et du Canada, les rumeurs veulent que les gouvernements souhaitent demander la réunion de toutes ou de plusieurs de ces actions.  Si tel est le cas, nous devrons peut-être amender notre intervention ou représenter une nouvelle demande d’intervention afin de protéger nos droits sur tout le territoire revendiqué par les Innus de Pessamit, territoire qu’ils nomment «Nitassinan». Ce procès risque d’être très, très long.

 

 

Ghislain Corneau c. Procureur général du Québec

 

En 1999, Monsieur Ghislain Corneau recevait du Gouvernement du Québec, une missive l’enjoignant d’enlever son camp de chasse construit sans autorisation gouvernemental au pied du Mont Valin, au nord de la municipalité de Saint-Fulgence.  Monsieur Corneau a refusé d’obtempérer à cet ordre et a contesté cette demande de la Couronne alléguant qu’il était autochtone et avait en conséquence le droit de conserver son camp comme accessoire nécessaire pour exercer ses activités traditionnelles de chasse, pêche et cueillette .  Monsieur Corneau a supporté cette cause pendant un certain temps et à court de moyen, il s’est adressé à un organisme de service dont il était membre, l’Alliance Autochtone du Québec (regroupement d’Indiens et de Métis) qui l’a défendu comme autochtone hors réserve.  

 

Cinq ans plus tard, en 2005, Monsieur Corneau a réactivé cette cause qui somnolait sur une tablette du Palais de justice de Chicoutimi, faute par la Couronne de favoriser l’avancement de l’affaire.  Devant le refus de l’Alliance Autochtone de défendre sa cause sur la base de son statut de Métis, tel que défini dans l’arrêt Powley rendue par la Cour Suprême du Canada en septembre 2003, Monsieur Corneau s’est joint à la CMDRSM.  Nous avons repris le flambeau pour en faire une cause-type concernant les droits ancestraux des Métis de la Boréalie.  À cet effet, une défense amendée, accompagnée d’une demande reconventionnelle, a été déposée le 8 mars 2006 à la Cour supérieure du district de Chicoutimi, demandant au Tribunal de se prononcer non seulement sur le droit de pouvoir conserver son camp libre de tout permis, mais aussi de reconnaître ses droits ancestraux de chasse, pêche et cueillette en tant qu’autochtone métis, membre d’une communauté historique.

 

Comme les droits ancestraux revendiqués par Monsieur Corneau ne peuvent s’exercer qu’à l’intérieur de droits collectifs reconnus à une communauté métisse héritière des droits de la communauté historique, la CMDRSM, en plus d’assister Monsieur Corneau, se devait d’intervenir à la cause.  Par l’intermédiaire de son procureur, Me Daniel Coté, la Communauté a déposé une requête en intervention mentionnant et demandant à la Cour de statuer sur la conclusion suivante : «DÉCLARER» qu’à titre de Métis, les membres de la Communauté métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan, ont, collectivement, le droit accessoire de maintenir, sur le territoire ancestral mentionné au paragraphe 3, 10 et 11 des présentes, soit un territoire plus vaste que la région du Saguenay-Lac-St-Jean-Côte-Nord, connu au 18e siècle comme étant les Domaine du Roy et Seigneurie de Mingan, des abris pour l’exercice de leurs droits ancestraux de chasse, de trappe, de cueillette et de pêche pour se nourrir».  En termes clairs, si Monsieur Corneau obtient ses droits, tous les métis membres de la CMDRSM obtiennent les mêmes droits. Pour le moment, nous attendons toujours qu’une date d’audition soit fixée par la Cour.

 

 

 

Titre aborigène – Requête de type Haïda –

Injonction interlocutoire – Injonction permanente

 

Ces quatre demandes rassemblées dans une requête ont été déposées  à la Cour supérieure du Québec, district de Chicoutimi, le 17 janvier 2007.

 

 

       Titre aborigène

 

Ce titre confère au peuple autochtone détenteur, une sorte de titre foncier sur les terres revendiquées et le droit d’en jouir en exclusivité.  Le titre aborigène peut cependant être partagé entre différents peuples autochtones qui ont historiquement occupé et défendu le territoire en cause.  Ainsi, toutes ressources naturelles et la gestion du territoire sont exploitables et doit se faire avec le consentement du ou des peuples autochtones concernés. Ce titre lui confère également une certaine forme d’autonomie gouvernementale.

 

 

       Requête Haida

 

Dans l’arrêt Nation Haïda c. la province de Colombie-Britannique, la Cour suprême du Canada a établi que s’il existe une communauté autochtone sur un territoire, et même si leurs droits ancestraux ne sont pas encore reconnus ou confirmés, les gouvernements, avant de réaliser un projet qui risque de porter atteinte aux droits ancestraux, ont l’obligation de protéger ces droits en consultant et en accommodant ledit peuple autochtone.  Présentement, les gouvernements négocient nos terres et nos droits avec les seules bandes Innues, sans tenir compte de notre existence.  Comme meilleure forme de consultation, nous croyons que nous devrions être présents à la table des négociations du traité de l’Approche commune.  Leurs devoirs d’accommodement les obligent à nous consentir des avantages semblables à ceux accordés aux Innus.

 

 

       Injonction interlocutoire

 

Cette demande vise à interdire aux communautés Innus et à la Couronne de signer le traité de l’Approche commune en notre absence en attendant que la reconnaissance de la Communauté et de ses droits ancestraux soit jugés sur le fond.  Il s’agit d’une forme de protection temporaire qui laisse la possibilité aux gouvernements et aux Indiens de négocier, mais leur interdit de signer un éventuel traité.  En effet, la signature du traité de l’Approche commune ayant comme conséquence et effet d’éteindre irrémédiablement les droits ancestraux des membres de la CMDRSM, il ne servirait à rien à la Communauté de se voir reconnaître ses droits par la Cour supérieure après la signature du traité.  Il sera alors trop tard.

 

       Injonction permanente

 

Cette injonction sera accordée par le même jugement qui statuera sur l’existence de notre communauté historique et l’héritage des droits de celle-ci à notre communauté contemporaine. Si tôt le jugement rendu reconnaissant notre présence en tant que peuple autochtone vivant sur le territoire revendiqué, l’injonction permanente sera prononcée et forcera les gouvernements du Québec et Canada ainsi que les Indiens à nous accepter comme partie négociante à un éventuel traité de nature territoriale.

 

 

       Travaux de la Cour

 

Les huit parties impliquées dans ce dossier sont les suivantes : Le procureur général du Québec (PGQ), le Procureur général du Canada (PGC), les quatre communautés Innues de Mashteuiash, Essipit, Pessamit et Nutashquan, le Grand conseil des Cris de la Baie James et la Communauté Métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan.

 

Depuis le mois d’avril, les parties ont tenu six conférences téléphoniques sous la supervision du juge Roger Banford.  Leurs travaux consistent principalement à établir un calendrier judiciaire pour la production des procédures et des pièces pertinentes, dont les expertises, les dates des interrogatoires et des auditions de ce procès.  Comme dans tous procès, des différends et des requêtes surviennent.  Certains ont été réglés à l’occasion de ces dialogues.

 

Le 8 avril 2007, nous avons reçu une requête en intervention des Cris de la Baie James qui vise à protéger le territoire qui leur a été consenti par la Convention de la Baie James et du Nord québécois signée en 1976.  Nous ne nous sommes pas objectés à cette demande d’intervention, le Domaine du Roy chevauchant le territoire conventionné.

 

En avril 2007, le PGQ a déposé une requête demandant au juge en chef associé de la Cour supérieure du Québec, l’Honorable juge Robert Pigeon, que l’instance de notre cause soit confiée au juge Fournier du district de Montréal.  Nous avons contesté cette requête et le 20 avril 2007, dans sa décision, le juge Pidgeon a nommé le juge J. Roger Banford pour gérer l’instance de ce procès à Chicoutimi.

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Le 7 juin 2007, nous avons reçu une autre requête du PGQ.  Ce dernier nous demande de diviser notre action en deux, puisqu’il prétend que le mode de preuve à faire dans la requête de type Haïda est différent du mode de preuve à faire pour les autres conclusions de la requête (reconnaissance de la Communauté, revendication du titre aborigène et demandes d’injonction).  Après étude de cette question, le comité juridique avec l’aide de notre procureur, est venu à la conclusion que la demande de Québec était justifiée et nous permettrait possiblement d’accélérer deux des quatre conclusions demandées soit : celle du type Haïda (consultation et accommodement)  et celle de l’injonction interlocutoire. Nous avons donc divisé notre recours judiciaire en deux soit :

1-    Requête Haïda

2-    Reconnaissance de la Communauté - Titre aborigène – Injonction permanente - Injonction interlocutoire

 

Suite à cette décision de scinder notre recours en deux, les Innus de Pessamit ont émis des réserves sur notre pouvoir d’agir de la sorte et la requête pour option de recours du PGQ et les commentaires sur les effets de l’acquiescement de la CMDRSM seront entendus par le juge Banford le 19 septembre prochain.

 

Comme vous le voyez, même si la politique établie par notre Communauté de récupérer nos droits devant les tribunaux est onéreuses et parfois très longue, il s’agit là de la seule démarche valable pouvant nous garantir que justice sera faite.  Devant la mauvaise fois des gouvernements et leur manque de volonté politique pour reconnaître le plus petit droit aux Métis du Québec, les démarches entreprises en dehors des tribunaux pour se faire entendre et entreprendre des négociations furent de lamentables échecs.  Quant aux indiens, ceux-ci n’ont manifesté aucun désir de rencontres, de partage ou d’association avec nous.  Ils nous ont mentionné d’aller d’abord nous faire reconnaître par les gouvernements de Québec et d’Ottawa.  Leur peur de perdre territoires, avantages et droits exclusifs les tient à l’écart.  Les avantages que leur font miroiter les gouvernements leur font oublier l’histoire. Avant 1850, Métis et Indiens s’entraidaient et étaient tous appelés «Sauvages» par les conquérants et leurs lois.

 

Il va de soi qu’une décision judiciaire de reconnaissance de notre Communauté changera la donne et l’on devra alors composer avec nous comme peuple métis autochtone, héritier de droits ancestraux et copropriétaire avec les Indiens de nos terres.

 

Je vous rappelle donc aujourd’hui qu’il faut garder le cap, ne pas baisser les bras même si le processus judiciaire semble long.  L’équipe qui travaille avec patience et bénévolement pour nous tous, a besoin de vos encouragements et de votre soutient.  Une bonne manière de nous aider est certainement de contribuer, sans tarder, au fonds de défense de la CMDRSM.

 

 

 

ENSEMBLE, NOUS OBTIENDRONS NOTRE RECONNAISSANCE!

 

 

 

Jean-René Tremblay

Président/Chef de la CMDRSM