(10 mars 2008)

La clef  -----  l’INFORMATION

                                

 

La tradition orale,(de bouche à oreille) a eu une grande part dans l’enseignement donné à nos ancêtre, surtout  en ce que concernait la survie  (chasse, pêche, cueillette et agriculture), les soins médicaux, la fabrication de tipis, de shacks ou maisonnettes ainsi que la fabrication d’outils et de vêtements. Pour le reste soit : l’écriture la lecture, les mathématiques et autres, ils ont dû apprendre sur  le tas. Toutefois, quelques jeunes filles ont eu la chance de vivre chez les Ursulines ;elles ont pu acquérir une instruction de base ne dépassant guère la quatrième année. Néanmoins, elles ont contribué à aider les gens du temps à écrire leur nom, à comprendre un document important et à faire quelques additions et soustractions.

 

L’Église a joué un grand rôle auprès de ce nouveau peuple. Ses prélats et prédicateurs ont pris charge d’informer les sauvages (indiens, Inuits et Métis) sur la seule vraie religion (sic) et sur les politiques des conquérants avec lesquels elle avait des liens étroits. En ces temps historiques, c’était suffisant… parait-il.

 

Après la main mise le l’état moderne sur le territoire vers les années 1850, l’histoire nous enseigne que la race pure indienne était à toute fin pratique disparue en bas Canada. Le nouveau gouvernement a donc commencé à arpenter nos terres et à réserver quelques parcelles pour en faire des réserves. Ils ont incité les sauvages à y demeurer en leur garantissant protection et subsistance. Le mot ‘’sauvage’’ (métis indianisé) quelque peu péjoratif, disparut avec le temps pour être remplacé par le mot‘’indien’’.

 

Dans ces nouvelles réserves les gouvernements n’avaient pas prévu d’écoles. Ces sauvages habitant en réserve n’ont donc pas pu profiter de l’instruction dispensée aux blancs, aux métis et aux sauvages  qui n’avaient pas voulu de l’encadrement de ces réserves. Ces derniers avaient  préféré conserver leur liberté sur l’ensemble du territoire. C’est à ce moment de l’histoire qu’apparaissent, bien qu’apparentés entre eux, deux peuples légalement distincts l’un de l’autre :

 

-         les sauvages en réserve étant reconnus comme indiens

-         les sauvages hors réserve étant des métis

-          

tous aussi autochtones l’un que l’autre. Peut être n’acceptons nous pas cette division, mais le droit canadien de par le jugement Blais (R. c. Blais, [2003] 2 R.C.S. 236, 2003 CSC 44) nous enseigne qu’un métis n’est pas un indien.

 

Bon an mal an,  les métis ayant choisi de demeurer libres se sont instruits. Depuis cent cinquante ans, tous ont appris à lire, à écrire et les universités en ont accueillis des milliers. Les métis ont maintenant compris pourquoi les gouvernements ont confiné les indiens dans des réductions ou réserves et pourquoi ils ont changé le mot ‘’sauvage’’ pour ‘’indien’’. Dans le premier cas, ils ont cru qu’après quelques générations la consanguinité ferait disparaître ce peuple. Dans celui  des métis, ils ont cru qu’en changeant le mot ‘’sauvage’’ pour ‘’indien’’ ils feraient  disparaître le reste des autochtones n’ayant pas choisi les réserves, en les assimilant à la population blanche. Excellente solution pour s’emparer de leurs terres. Heureusement, ils n’ont pu s’emparer de la fierté et de la culture métisse.

 

Vers la mi ou les  trois quart du siècle dernier apparaissent  des groupes d’autochtones dits hors réserve qui demandèrent une reconnaissance aux gouvernements. Dans les années qui suivirent, on a  vu ces derniers (gouvernements) s’empresser de les combler de leurs largesses ($$$) tout en s’assurant toutefois  que ces groupes acceptent ces privilèges et ne revendiquent aucun droit devant la justice. Quelques individus ont essayé mais  ils ont été vite ruinés et ont dû abandonner les procédures.

 

Le rapatriement de la constitution canadienne en 1982 et le jugement Powley de 1993 ont  changé la donne. Depuis ce temps, les communautés métisses apparaissent  comme l’instrument essentiel à la reconnaissance des droits métis .Un bon nombre d’autochtones se disant hors réserve se rendent compte qu’en dehors de ces communautés il n’y a aucune possibilité, à court ou moyen terme, de recouvrer leurs droits et leur terre.

Plusieurs métis regroupés dans différents organismes de services à lesquelles ils ont donné confiance, temps et argent ont longtemps cru pouvoir se faire reconnaître. Avec le temps, la succession des jurisprudences en droit autochtone à travers tout le pays nous a indiqué le chemin à prendre pour obtenir cette grande reconnaissance en tant que peuple métis. La seule voie viable pour le moment est la voie juridique.

 

Sachant que les gouvernements s’opposent et s’acharnent contre toute tentative de recouvrement des droits métis dans l’Est du Canada, il faudra plus que des voeux pieux si nous voulons cette reconnaissance. Il faudra se réunir, se soutenir, mettre sur pied un vrai fond de défense de droits métis et travailler ensemble.

 

 Respectons, mais laissons de côté ceux qui ne veulent pas leurs droits ou qui n’y croient pas. Laissons aussi de côté ces organismes de service non représentatifs des métis en  leur souhaitant bonne chance pour la suite de leur action de représenter les indiens et ceux qui se disent autochtones hors réserve (ils en ont besoin). Trouvons nos Communautés Historiques et joignons- nous aux Communautés Métisses Contemporaines qui en sont les héritières. Rejoignons, informons et accueillons tous les métis dans nos communautés respectives. Créons des alliances, des amitiés. Plusieurs métis y travaillent déjà. Gardons notre propre identité métisse et joignons- nous à eux. Dans une armée, tous les soldats ne sont pas nécessairement compatibles, mais tous marchent en rangs serrés pour renverser l’ennemi et s’assurer de la victoire.

 

Il est impossible pour des gens de bonne foi de ne pas comprendre ce message de solidarité, d’amitié et d’espoir de la GRANDE NATION MÉTISSE DU QUÉBEC.

 

N’oublions jamais que  notre arme principale est :

 

INFORMONS               INFORMONS               INFORMONS               INFORMONS

 

En toute amitié,

 

 

Jean-René Tremblay

Président/Chef de la CMDRSM

 

P.S :  Ne me lancez pas de pierres chères dames métisses, le masculin de mon texte inclus  le féminin.